Cesser le dénigrement des hommes et valoriser les deux sexes

Une fois de plus, à l'émission 24/60 du 26 septembre 2018, on achevait le programme, en questionnant des candidates, sous-entendant qu'avec des femmes au pouvoir tout serait différent et irait tellement mieux.  Comme homme, je suis las d'entendre l'influence négative du mouvement féministe à l'égard de la gente masculine.  À écouter ce mouvement, les hommes sont la plaie du monde et je trouve malsain que l'on encourage ce discours qui finit par décourager bien des hommes à réussir à satisfaire une femme. Dites-moi donc pourquoi la majorité des femmes cherchent alors un partenaire de vie, si ces partenaires masculins sont si horribles?  Je sais que mesdames Céline Galipeau et Anne-Marie Dussault sont en couple: vos maris sont-ils si abominables?  Je suis conscient que les lois doivent viser la plus grande égalité possible entre les hommes et les femmes, mais il ne faut pas toujours dénigrer ce sexe, que le mouvement féministe traite avec ingratitude, qu'est la masculinité.  Le mouvement féministe a eu sa raison d'être et l'a toujours, mais ce mouvement mène maintenant des luttes où il oublie que l'homme aussi vit des injustices. 

Parlons des supposés plafonds de verre qui existent aussi du côté des hommes: parlez-en à cet homme qui a voulu s'ouvrir une garderie et que des femmes ont soupçonné de pédophilie, parlez-en aux enseignantes du primaire, où est donc la parité à ce niveau, parlez-en aux cercles de fermières d'où les hommes sont exclus, parlez-en aux fonctionnaires provinciaux où les femmes comptent pour 75 % de l'effectif, etc. 

Je n'approuve pas le sexisme de part et d'autres, mais de grâce cessez de donner l'image de l'homme-animal, la bête de sexe qui agresse ces pauvres femmes-victimes, cessez de culpabiliser celui qui veut être votre douce moitié.  Les hommes ne sont pas tous des salauds.  Tous les hommes aussi ont connu dans leur vie une forme d'agressivité, ne serait-ce qu'à l'école où il fallait faire sa place.  Si les femmes souffrent des talons hauts, les hommes sont pris avec des cravates.  Hommes et femmes sont différents et le seront toujours: pourquoi le mouvement féministe s'en prend ainsi à l'homme le culpabilisant à outrance alors que souvent le mal vient directement des femmes elles-mêmes ? 

Je commençais cette réflexion sur l'idée qu'avec les femmes au pouvoir tout serait différent et irait tellement mieux, pourtant les femmes dénoncent les départements de femmes et les directions féminines où elles décrivent, entre autres, le «bitchage» fréquent.  Les femmes se torturent à se faire belles alors que bien souvent leurs mecs en sont fiers même quand elles sont en jeans et sans maquillage.  Le mouvement féministe actuel ne semble pas admettre qu'un homme ne sera jamais une femme, il est différent et le restera toujours.  C'est comme si le mouvement espérait changer l'homme.  C'est évident qu'une femme ne pourra jamais se sentir tout à fait libre de marcher seule dans la rue à deux heures du matin, il faut l'admettre et l'assumer; un homme non plus ne marche pas seul sans crainte dans une ruelle malfamée. 

 S'il vous plaît, cessons ce langage où un sexe est culpabilisé au détriment de l'autre, mais investissons sur une forme de propos où la part des choses est faite.  Un exemple simple que je donnais déjà: on annonce un bombardement et l'on s'empresse de déclarer qu'il y a mort terrible de femmes et d'enfants, gardant sous silence tous ces hommes qui sont aussi décédés.  Vous parlez d'égalité visée, appliquons-la déjà dans nos paroles et nos reportages.

Guy Boivin, candidat dans Taschereau