Inquiétudes face aux mesures anti Covid

Mercredi, 27 janvier, 2021 - 08:30

Entre confinement extrême et relâchement total, il doit bien y avoir un juste milieu acceptable et vivable pour lutter contre la Covid. Voici le questionnement d’un candidat d’Équipe Autonomiste qui exprime ses inquiétudes face à la situation présente, et au futur qui nous attend. Présenté en vidéo et en texte

Vidéo : Équipe Autonomiste et le couvre-feu, par Steve Therion, candidat Équipe Autonomiste

Texte : L’ENFER AUSSI EST PAVÉ DE BONNES INTENTIONS

Comme citoyen et père de famille, les décrets gouvernementaux m’effraient autant que le Covid, et pourtant, je suis un asthmatique sévère. Mon inquiétude face à la compétence du gouvernement pour gérer la situation grandit et l’avenir me semble des moins radieux pour mes enfants. En effet, le gouvernement gère unidimensionnellement au détriment des faillites, de la santé mentale, des tensions sociales, des suicides, de la liberté politique et civile, de l’endettement et autres écueils que je nommerais les « intangibles ». En plus de la maladie s’instaure ce fléau d’un État policier démesuré et inquiétant. Que léguera-t-on à nos enfants? Nous sacrifions la prochaine génération mentalement, socialement et économiquement. L’Histoire qu’ils écriront sur nous un jour nous jugera sévèrement et à raison.

Lors de l’annonce historique du couvre-feu, Arruda a admis que la mesure n’avait aucune assise scientifique. Plutôt, le couvre-feu serait un « signal d’alarme » pour créer un « effet de choc »; autrement dit, il ne s’agit pas d’une mesure préventive, mais punitive pour la hausse des cas depuis Noël.

Depuis dix mois que les Québécois se sacrifient de bonne foi. Le propos m’a laissé amer,  frustré, d’autant plus que je me sens impuissant et non représenté; après 10 mois d’efforts infructueux, se voir ainsi insulté, méprisé, mis au banc des accusés, alors que chaque demande fût prolongée quelques jours ou quelques semaines sans que l’on questionne ni l’efficacité des mesures ni leur légitimité sociale.  Le gouvernement présente le peuple comme seul responsable, alors que l’hécatombe des CHSLD était prévisible depuis des années. L’autocratie du gouvernement me semble plutôt cacher son incompétence. Pour qui se prend ce non-élu à cracher sur nos efforts et nous jeter le blâme ?  Une démocratie par essence doit contester les limites du pouvoir de l’État. Les moyens doivent être proportionnels aux fins à atteindre, mais est-ce le cas ? Quelle valeur possède ce à quoi nous renonçons, ces « intangibles », qui ne se mesurent pas nécessairement dans un bilan quotidien ?

Conséquemment, le signal envoyé n’est pas celui qu’ils voulaient. C’est le signal d’alarme d’un abus de pouvoir. C’est une question importante, parce que contraire à nos principes fondamentaux. Quelle est la limite de leur pouvoir ? Le principe modérateur était notre démocratie : la première victime de la pandémie.

La peur a toujours été le poison de la liberté. Déjà inquiétant que cette gouvernance par décret, comme le font les régimes autoritaires, plutôt que par des lois votées d’une démocratie (par un parlement réduit et rendu inapte à nous représenter). Pourquoi, par exemple, en plein État d’Urgence, vote-t-on des lois sans rapport à la pandémie, alors qu’il n’y a plus de « démocratie» ? Un peuple sain, attaché à la démocratie et à la liberté, devrait s’inquiéter d’un tel fonctionnement. Le couvre-feu n’est pas une mesure de prévention, mais une dérive sanitaire et politique. C’est une mesure qui pour toute personne encore décente est irrationnelle, délirante et même cruelle. Ce gouvernement réprime davantage qu’il n’offre de solutions « hospitalières ». C’est  légitime de doser entre liberté et sécurité, mais précisément, quelle est la légitimité de ces conditions dépressiogènes et catastrophiques pour l’économie? « L’État d’Urgence » est un péril aux principes démocratiques les plus sacrés et l’exception risque de devenir habitude. Ne sous-estimons donc pas le danger politique. Nous créons présentement un précédent sur la justification du mépris de la liberté, un point de repère dans le jugement de l’histoire. Il serait peut-être temps à Legault de fournir un vrai plan sur le long terme, un plan de contingence et une définition claire de l’État d’Urgence pour connaître les cibles nécessaires pour s’en sortir, car leurs objectifs ne sont actuellement pas clairement définis et changent constamment.

C’est un signal d’alarme pour deux raisons.

Premièrement, le premier ministre ne semble pas comprendre le concept d’exponentiel, puisqu’il dit vouloir « l’arrêter ». On n’arrête pas une exponentielle indépendamment de la docilité ou non des Québécois, parce que même si on ralentit radicalement la courbe, on ne peut rationnellement l’arrêter ! Les cas devront naturellement augmenter jusqu’à atteindre un point critique avant de s’effondrer. Il y a eu et il y aura augmentation de cas. Le problème ne va que s’éterniser au prix d’un effort collectif colossal, démoralisant et désastreux. Il faudra doser entre la durée de l’épidémie et la transmission (une transmission contrôlée). Tenir à arrêter le virus complètement tient de l’idée délirante, voire dangereuse, puisque porteuse d’illusion, et s’il est dans l’idée du gouvernement à tort d’opprimer son peuple  d’avoir « supposément » fêter Noël, pour une augmentation possiblement naturelle, quelles seront les prochaines mesures répressives et ses limites ?  Sa légitimité ? Sa constitutionnalité ?

Ce qui m’amène au second point: et si le vaccin ne fonctionne pas ? Quoi alors ? Devra-t-on encore tolérer et légitimer sur plusieurs années une telle dictature sanitaire ? Peut-on, humainement vivre encore longtemps comme cela ? Et pour ajouter à l’insulte, Arruda vient d’annoncer qu’il ne donnerait qu’une seule dose du vaccin des deux, brimant nos chances, une mesure suicidaire tenant de la négligence grave pour la santé publique.

Il faudra peut-être apprendre à vivre avec le virus.

À trop craindre de mourir, c’est la vie elle-même qu’on finit par craindre et éteindre.  

Steve Therion

Candidat ÉQUIPE AUTONOMISTE