Réflexion sur la place du français au Québec

Beaucoup de gens se demandent si le Québec doit devenir une province officiellement bilingue ou si elle doit demeurer francophone en continuant d’y protéger le français ? Comme il est évident que le contexte nord-américain, où le Québec est entouré d’anglophones, combiné au faible taux de natalité des francophones et au faible taux d’assimilation des immigrants vers le groupe francophone font en sorte que le libre choix, entre le français et l’anglais, mènera vers la disparition du français à plus ou moins brève échéance. La question devrait être reformulée. En réalité, il s’agit simplement de choisir entre : a) éliminer le français au plus vite pour se simplifier la vie ou b) protéger notre langue française pour maintenir notre culture qui lui est liée. La langue n’est pas seulement un moyen de communication, c’est aussi le reflet de notre culture et un véhicule pour la transmettre aux générations futures.

Selon Équipe autonomiste, le maintien du statut francophone de la province, pour protéger la langue, est compatible avec le bilinguisme des citoyens et le respect des anglophones.

L’argument en faveur de l’élimination du français, selon lequel la langue française est l’obstacle au développement économique du Québec, nous paraît peu valable. En effet, quand il y a de l’argent à faire, les entreprises ne se formalisent pas de la langue. Nous n’avons qu’à penser aux usines qui déménagent aux Indes ou au Mexique. Notre problème de croissance économique semblerait découler plutôt de la bureaucratie trop élevée, des pouvoirs excessifs des syndicats, des impôts astronomiques, des taxes aux entreprises trop abondantes, d’une mentalité bloquant les projets de développement, etc. Nous croyons donc que si nous corrigeons ces irritants, le fait de protéger le français ne sera plus une excuse pour expliquer la faible croissance économique du Québec.

Bien entendu, si nous décidons de protéger le français, il faudra que nous nous organisions pour l’enseigner correctement et rendre la population fière de sa langue autant pour l’utiliser régulièrement que pour en maintenir la qualité. Maintenir une langue ou une culture est, avant tout, un projet de société auquel tous doivent participer, ce n’est pas un principe théorique imposé par des lois. Dans ce cas-ci, les lois servent à appuyer les «efforts» de la population et à la soutenir.
Le débat reste ouvert : nous protégeons le français et notre culture ou nous l’effaçons au plus vite pour passer à autre chose ?