À quand la journée internationale de l’égalité des sexes? Laila Boulasri, Prince Arthur Herald, vendredi 7 mars 2014

Laila Boulasri
2014-03-07
À quand la journée internationale de l’égalité des sexes?

Demain c’est la Journée internationale des droits de la femme. Une journée soulignant les luttes féministes d’autrefois tout en étant l’occasion pour les femmes de revendiquer l’égalité des sexes et de faire un bilan de leur situation dans la société. La première journée internationale des femmes est célébrée le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, afin de réclamer le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. C’est en 1921 que Lénine, président Russe de l’époque, décrète la date du 8 mars comme étant officiellement la Journée des femmes. Par la suite, cette journée sera commémorée chaque année dans tout le bloc soviétique. Nous devons donc à la Révolution Russe l’origine de la date du 8 mars! Au Québec on doit attendre jusqu’à la fin des années 60, avant de voir un intérêt se développer pour la Journée des femmes. Finalement, en 1977, l’ONU adopte une résolution pour inviter tous les pays à consacrer le 8 mars comme Journée des femmes.

Des causes nobles

En lisant l’historique de la création de la journée internationale des femmes, nous comprenons l’importance de cette journée dans la quête des femmes du 20e siècle à obtenir les mêmes droits que le sexe opposé. Droit de vote, droit de travailler, droit à l’avortement, elles sont parties de loin pour arriver à donner à leurs descendantes la possibilité de mener leur vie en toute liberté. Malheureusement, cela s’applique principalement aux femmes des pays occidentaux, puisqu’encore aujourd’hui, dans beaucoup de pays, les femmes ont moins de droit que leur animaux de compagnie. Nous ne pouvons qu’imaginer la chance que nous avons d’être nées ici au Canada. Par contre, à entendre les féministes militantes québécoises, trop de femmes sont victimes au Québec et l’égalité n’est toujours pas atteinte. Bref, elles en veulent plus et ne sont jamais contentes!

Les féministes des temps post-modernes : FEMEN

Il y a une liste assez longue d’organismes luttant pour les droits des femmes, mais celui dont nous entendons le plus parler aujourd’hui est le groupe Femen. Ce nouveau phénomène spectacle provenant de l’Ukraine me laisse perplexe. Selon elles, utiliser le corps de la femme pour militer c’est ok, mais une femme qui veut utiliser son corps pour, entre autres, faire des photos d’elle nue ça ne l’est pas. Et pourquoi militer en grande partie dans des pays où les femmes sont déjà libres? Certes rien n’est parfait, mais en 2014, au Canada, aux États-Unis, en France, en Allemagne, les femmes ont le droit de faire ce qu’elles veulent de leur vie et personne ne devrait leur dire quoi faire, surtout pas d’autres femmes. Un mouvement Femen en Algérie ou en Inde serait beaucoup plus approprié, mais certainement plus dangereux pour celles voulant se dénuder les seins en pleine rue. Ici les dangers d’être seins nus au Carnaval de Québec en plein mois de janvier, avec « Carnaval patriarcal » écrit sur le ventre, pendant que les duchesses, elles, sont emmitouflées sous manteaux d’hiver, tuques et foulards, sont assez minimes. Et il faut le dire leur message ne passe pas!

Des femmes libérées!

Parlez avec une femme de moins de 50 ans et vous comprendrez qu’au Québec la majorité des femmes ne sont pas des victimes et n’ont pas besoin qu’on leur prenne la main. (Et les femmes retraitées j’en suis sûr n’en ont pas besoin non plus!) En effet, les femmes prennent de plus en plus en main leur responsabilité, sont davantage présentes dans les domaines traditionnellement masculin (ex : médecine, droit, génie). Elles sont indépendantes de fortune et certaines d’entre elles (pas seulement les monoparentales) sont le pourvoyeur de leur famille. En 2014, une femme qui décide de prendre sa place et de ne pas la céder, la trouvera.

Pourquoi le message des féministes ne passe plus avec les jeunes femmes au Québec, c’est que pour nous, nous l’avons atteinte l’égalité. Et pas juste l’égalité dans ce qu’il y a de positif, mais aussi dans tout ce qu’il y a de négatif (violence, viol, conflits conjugaux, harcèlement et intimidation). Nous découvrons que de plus en plus d’hommes vivent ou ont vécu ce types de problèmes et que marteler constamment que les femmes vivent plus de violence que les hommes c’est minimiser leur réalité. Ce qui aiderait les deux sexes et ce qui nous mettrait au même pied d’égalité, ça serait de prendre en considération que les hommes (hétérosexuels ou non) vivent aussi de la violence et de reconnaitre que nous ne sommes pas les seules à être des « martyres ». Aider ces hommes en détresse (et on sait tous qu’il y en a pas mal au Québec) éviterait aux femmes de vivre la brutalité des drames familiaux ou de se faire violenter ou violer par des individus frustrés et en profonde colère.

Bref, la Journée Internationale de la femme a toujours sa place en 2014, puisqu’elle est « Internationale » et qu’il y a encore beaucoup à faire pour la liberté des femmes ailleurs dans le monde. Cependant, ici au Québec, les féministes devraient militer pour une égalité des sexes globale (et non pas seulement pour un sexe en particulier) afin de créer un juste équilibre entre l’homme et la femme.

source: http://princearthurherald.com/fr/culture-2/a-quand-la-journee-international-666e-de-legalite-des-sexes