Une campagne pour trouver des candidates, le Soleil, dimanche 8 février 2015, p. 16

DIMANCHE 8 FÉVRIER 2015 leSoleil

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Une campagne pour trouver des candidates

MONTRÉAL — Aux prises avec un nombre famélique de recrues féminines en techniques de sécurité incendie, le cégep Montmorency et l’Académie des pompiers prennent les grands moyens. Une vaste campagne de recrutement, ciblant particulièrement les jeunes femmes inscrites dans les programmes de sport—études, sera lancée en mai.

Une subvention de 9000 $ a été accordée par le ministère de l'Éducation pour démarrer le projet. «Ça fait 13 ans que j’enseigne, et je peux vous dire que le nombre de filles inscrites en sécurité incendie va en diminuant. Avant, j’avais quatre ou cinq filles chaque année sur 180 étudiants. Maintenant, ça a chuté à deux ou trois par cohorte», déplore Anik St-Pierre, enseignante en sécurité incendie au cégep Montmorency.

«Il n’y a pas un seul métier non traditionnel pour les femmes où leur nombre a augmenté tout seul. Il n’y a jamais eu d’effort coordonné au Québec pour les attirer dans la profession», ajoute l’enseignante.

Dans les années 90, par exemple, le Service de police de laCommunauté urbaine de Montréal avait adopté des objectifs d’accès égalitaire pour les femmes et les minorités visibles. Leur proportion au sein du corps de police est passée de moins de 10 % à un peu plus de 30 % au début des années 2000.

L'approche pour attirer des pompières devra cependant être différente. «Le métier est beaucoup plus physique que le travail de policier. C'est un travail manuel, il faut aimer la mécanique, les outils. C’est de l’en— traînement et beaucoup de charges à soulever», souligne Karine Van de Walle, de l’Académie des pompiers.

SPORT-ÉTUDES DANS LA MIRE

La campagne de recrutement ciblera les programmes sport-études. «Beaucoup de nos étudiantes sont issues de sports d'équipe, explique Mme St-Pierre. Elles sont très attirées par ce genre de métier, où le travail d’équipe est central. Nous irons donc à leur rencontre pour essayer de les amener sur le terrain, leur faire essayer différentes techniques, toucher l’équipement et avoir des discussions de vestiaire.»

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