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Plus à droite mais pas dans le champ !

image Sous le faux prétexte de la pénurie de main-d’oeuvre, la CAQ s’apprête à détériorer encore davantage les conditions de travail déjà difficiles des infirmières au lieu de corriger leur malgestion. Leur « solution », qui traite les infirmières juste comme des numéros, impactera inévitablement sur la qualité des soins. La mesure faite au CIUSSS MCQ risque d’être étendue partout au Québec.

Équipe Autonomiste propose certaines solutions concrètes et respectueuses, notamment l’amélioration des conditions de travail, l’amélioration de la mobilité volontaire entre régions, le recrutement étranger et la délégation de certaines tâches.

UN CHANGEMENT SOUS UN FAUX PRÉTEXTE DE LA CAQ

Selon des documents internes du CIUSSS MCQ, la prémisse du gouvernement en matière de conditions de travail des infirmières serait que le statu quo des services ne serait plus possible. Or, cela est tout simplement faux, puisque les chiffres n’indiquent en rien qu’il y a en réalité une pénurie d’infirmières, au contraire, il n’y aurait jamais eu autant d’infirmières depuis 10 ans (1). Si nous avons suffisamment de personnel au Québec, se peut-il qu’il y ait pénurie localisée ? Ce qui signifierait qu’il y a trop d’infirmières dans certaines régions.

Une infirmière par exemple, qui avait choisi un secteur comme la psychiatrie, selon des conditions convenant à sa qualité de vie, qui faisait 1 fin de semaine sur 8 se verra délocalisé de département, faire en partie de l’obstétrique, à faire 1 fin de semaine sur 3 avec les temps supplémentaires obligatoires qui viennent presque avec. On modifie les conditions de vie de ces infirmières sans le moindre respect. Au lieu de régler le problème, on l’étend.

Or, en réaction à « cette problématique de pénurie d’infirmières» qui aurait dû être prévue par le gouvernement caquiste, on a modifié unilatéralement les horaires des infirmières : « Depuis le 26 février, les horaires dans les secteurs 24/7 ont été modifiés à Drummondville» (2) […]. » C’est-à-dire que le CIUSSS MCQ oblige maintenant toutes les infirmières à travailler une fin de semaine sur trois. « Les mesures seront étendues aux autres portions du territoire, toujours dans les secteurs 24/7, à brève échéance, annonce-t-on.  » (2) . La mesure faite au CIUSSSMCQ risque d’être étendue partout au Québec. En réponse à ces modifications, entre 600 et 700 infirmières ont manifesté cette même journée à Drummondville (3). Ainsi, selon les médias, il semblerait que le problème ce soit que les infirmières fassent maintenant comme leurs collègues (qui font déjà les fins de semaine et les TSO) et qu’elles se collent à la tâche de travailler davantage de fins de semaine. Mais le problème, ce n’est pas une question de fin de semaine, mais de fusion (des secteurs administratifs) et de fermeture (complètes ou partielles) de postes qui vont impacter sur la qualité des soins, une transition opaque qu’Équipe Autonomiste croit violer de plein front la bonne foi de la convention collective, dégrade encore une fois les conditions de travail des infirmières et viole leur droit garanti d’être représentée et de se défendre. Il ne s’agit plus d’une question de fin de semaine, mais de dignité de travail, parce qu’on traite les infirmières sans respect pour leur profession, comme des numéros, et non comme des employés : il s’agit de dénoncer l’exploitation de la vocation des infirmières et de la malgestion étatique mur-à-mur. Équipe Autonomiste ne réclame rien de moins que la dignité au travail.

LA « SOLUTION » DE LA CAQ, C’EST DE DÉTÉRIORER ENCORE DAVANTAGE LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES INFIRMIÈRES (ENCORE PLUS DE TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE).

Or, si ces employées manifestent, ce n’est pas pour une simple question de fins de semaine. Non! La raison pour laquelle le gouvernement applique ces mesures et que les infirmières manifestent, ce sont entre autres le TSO (TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE) : « Diminution du TS et TSO (TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE) dans les secteurs 24/7, de même que des départs, des absences maladie et des démissions. » (4). Ces courageuses infirmières savent qu’elles auront maintenant à faire du temps supplémentaire obligatoire elles aussi. Ce n’est pas une question de salaire : ces femmes et ces mères sont privées de leur famille et elles doivent souvent trouver coûte que coûte une gardienne pour leurs enfants. Les conditions de travail-famille sont inadéquates. Ces femmes sont traitées comme des militaires circonscrites pour aller servir. Or, les infirmières ne sont pas notre propriété.

La question est : pourquoi doit-on recourir au TSO (TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE) ? « Les postes dans les secteurs ouverts 7 jours sont de plus en plus difficiles à combler en raison des conditions de travail. Le personnel est épuisé et demande des solutions immédiates. » (4). La CAQ reconnaît ainsi elle-même que la cause des TSO (TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE) est d’abord les piètres conditions de travail des infirmières. Il a été établi qu’il y a suffisamment d’infirmières, mais l’un des problèmes est que « un nombre trop élevé d’infirmières sont absentes du travail (maternité, assurance salaire, etc.) et cela nécessite le maintien de l’horaire une fin de semaine sur deux. (4) ». On comprend donc que les conditions de travail sont liées aux taux d’absentéisme, que la maternité et l’épuisement sont les portes de sortie du personnel épuisé.

Que signifiera alors la détérioration des conditions de travail du personnel infirmier : plus d’absentéisme. La gangrène est prise. Au lieu de régler le problème de la culture des TSO (TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE) d’un système qui ne fonctionne plus, on étend plutôt le problème.

L’un des symptômes les plus certains d’une malgestion est le temps supplémentaire trop fréquent. Il faut donc s’attaquer à la culture des TSO (TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE) au lieu d’en infecter tout le monde.

ET IL Y AURA UN IMPACT SUR LA QUALITÉ DES SOINS

Équipe Autonomiste appréhende fortement une diminution de la qualité des soins, parce que la mesure forcée ne comprendra pas seulement le déplacement des infirmières, mais l’abolition de postes (FERMETURE), et donc relocalisation des infirmières. La relocalisation des infirmières doit être faite dans un même secteur d’activité. Parmi ces fermetures de postes, on parle de la santé publique, ce qui inclut : la santé scolaire, la santé publique, la santé sexuelle, les maladies infectieuses à déclaration obligatoire, la santé au travail et la vaccination (infantile et régulière). Les documents internes reconnaissent qu’il y aura du personnel en moins la semaine (impact sur le travail et l’offre de service) [on déshabille maman pour habiller papa].

Dans la visée des cibles abstraites sur papier, on réaménage les horaires dans les tours d’ivoire (mais aussi du travail, des tâches) des soins à domicile, des soins courants, des PCI, de la stomothérapie, de la médecine de jour, de la périnatalité, etc. (GMF, cliniques de proximité, etc.).

De plus, l’employée n’a pas LE CHOIX du service qu’il désire soutenir en fonction de la FUSION. Il y aura nécessairement un impact sur la QUALITÉ des services et même sur la sécurité des usagers. [On parle de 1 à 3 jours de formation, pour s’adapter au niveau secteur d’affectation 1 à 5 dans les pires cas] (accompagnement individuel, formation, accueil considéré, etc.).

TRAITÉES JUSTE COMME DES NUMÉROS DANS UN MONOPOLE D’ÉTAT: (il s’agit maintenant de dénoncer les tactiques déloyales et les magouilles de l’employeur.)

Il ne peut s’agir d’une négociation (au niveau de la modification du CIUSSS MCQ) de bonne foi, puisque dans ce cas-ci, le gouvernement refuse toute négociation et utilise des moyens qu’Équipe autonomiste juge indignes, méprisant leurs droits et leurs dignités, pour contraindre les infirmières à des conditions de travail toujours de pis en pis : on nie à ces femmes le droit d’exercer leur profession dans le secteur qu’elles aiment et pratique depuis des années avec expérience (pour pouvoir délocaliser « selon la règle ».

Pour faire simple, les fusions et les fermetures partielles serviront à contourner, à notre avis, la convention collective et permettront de délocaliser les infirmières selon le bon vouloir du gouvernement. De plus, à ce que nous avons compris, elles n’ont pas le droit de grève pour contester ces pratiques, parce que leur convention n’est pas échue et qu’elles ne peuvent pas nuire à un service essentiel. De plus, le recours au privé devient de plus en plus difficile à envisager pour les infirmières cherchant une alternative en raison de la loi 10 de la CAQ voulant éliminer les agences privées.

Conséquemment, parce qu’elles n’ont aucun moyen de se défendre et d’être entendues, elles ont menacé de démissionner en bloc devant ces mesures absurdes et abusives. Ce que le Tribunal administratif du travail (TAT), prise par l’employeur, leur a également refusé. Équipe autonomiste se pose la question quant à l’impartialité et l’indépendance du tribunal dans ce cas-ci; nous considérons qu’il y a un problème quand l’état est à la fois employeur et législateur, puisqu’il ne sépare plus les fonctions nécessaires à une démocratie saine : i.e. séparer l’exécutif du législatif. Le gouvernement, dans cette affaire, est malheureusement à la fois juge et partie [employeur] et interprète à sa guise une convention collective qui faute de protéger les infirmières n’est qu’un outil dans les mains de l’État.

BREF, on ne les considère plus comme des êtres humains, mais, comme elles disent, elles sont devenues JUSTE UN NUMÉRO # de l’état-socialiste québécois [monopole]. Elles n’ont aucun choix d’aller ailleurs. Elles sont prisonnières de leur travail.

LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR ÉQUIPE AUTONOMISTE

SOLUTION ENVISAGÉE # 1 : Tout d’abord, le cœur du problème, ce sont les conditions de travail des infirmières. Il est absolument essentiel d’avoir comme objectif de respecter la profession et d’améliorer leurs conditions de travail. Il faut mettre fin à la culture des TSO [TEMPS SUPPLÉMENTAIRE OBLIGATOIRE] qui en réalité cache un problème de malgestion. Il faut améliorer les conditions de travail des infirmières si on veut les garder au travail et en recruter de nouvelles. Équipe Autonomiste considère qu’il n’est pas normal pour quiconque de travailler sous la menace. Ce n’est que par le respect de la profession que nous retiendrons les infirmières et en recruterons de nouvelles. Pour ce faire, un gouvernement autonomiste travaillera de concert avec le syndicat, les infirmières et les autres parties prenantes pour établir une planification et une solution réaliste et respectueuse.

SOLUTION ENVISAGÉE # 2 : Considérant que les pénuries sont localisées, il faut améliorer la mobilité volontaire des infirmières qui le souhaite entre les régions administratives. La mobilité proposée par le gouvernement actuel vise uniquement à des changements de secteur dans un même secteur dans un meme CIUSSS. Premièrement, il faut cesser de pénaliser le déplacement possible et permettre une conservation de l’ancienneté. Deuxièmement, Équipe Autonomiste croit que l’on peut s’inspirer de la construction et prévoir des compensations sous forme monétaire, de logement, ou autres pour les infirmières qui vont dans une région en manque de personnel.

SOLUTION ENVISAGÉE # 3 : Équipe Autonomiste croit que le gouvernement doit cesser d’être myope et réactif, il doit être proactif et prévoir une évolution des besoins pour éviter les pénuries à venir en raison du vieillissement de la population.

SOLUTION ENVISAGÉE # 4 : Il faut accélérer le processus de recrutement étranger. Pour des pays qui ont des niveaux de formation similaire aux nôtres, il doit y avoir une reconnaissance des cursus accélérés. Nous souhaitons cependant conserver l’examen de l’ordre pour des raisons déontologiques. Équipe autonomiste croit aussi qu’il faudrait peut-être recruter davantage parmi les hommes. Pour ce faire, il serait judicieux de promouvoir les métiers non traditionnels chez les hommes aussi.

SOLUTION ENVISAGÉE # 5 : Conservons les acquis. Tout d’abord, conserver le privé qui permet une rétention d’un certain nombre d’infirmières qui cherche à améliorer simplement leur qualité de vie. Il faut également éviter la centralisation à outrance comme le propose la CAQ. Ajouter des couches de bureaucratie ne servira pas le réseau. Il faut comprendre qu’avant la pandémie, les infirmières qui passaient au privé étaient de plus en plus rares, mais que la malgestion et l’exploitation des infirmières pendant « la pandémie » ont fait qu’elles passent de plus en plus au privé ou en maternité pour améliorer leurs conditions de vie et de famille (5). Or, ce problème est imputable directement à la malgestion de la CAQ pendant la pandémie. Si les infirmières passent au privé, c’est pour avoir des conditions de vie décentes et humaines.

SOLUTION ENVISAGÉE #6 : Délégation de certaines tâches des infirmières à du personnel connexe formée en conséquence. IL n’est pas normal par exemple que les vaccinations dans des CLSC se fassent par des infirmières cliniciennes (bachelière). Équipe Autonomiste pense que des formations spécifiques pourraient exister pour ce genre de tâches et qui seraient sous la supervision d’une infirmière clinicienne. Parmi cette délégation de tâche, Équipe Autonomiste engagerait des assistantes médicales qui auraient comme tâche de s’occuper de l’administration. Cette délégation de tâche libérerait le personnel aux tâches importantes.

p.s. le présent texte est la compréhension de bonne foi qu’Équipe Autonomiste a de la situation, telle que comprise par les documents internes et des discussions avec des infirmières concernées.

 

Références :

  1. Il n’y a jamais eu autant d’infirmières au Québec (Le Devoir - Lia Lévesque - La Presse canadienne 22 novembre 2022)
  2. Le CIUSSS ouvre son jeu aux infirmières (leNouvelliste - 15 mars 2023, par Sébastien Houle)
  3. Manifestation à Drummondville: les infirmières ne décolèrent pas (leNouvelliste - 26 février 2023, par Éric Faucher)
  4. Documents internes à la CIUSSSMCQ (non public)
  5. La «pénurie» d’infirmières est-elle réelle? (leSoleil - 17 novembre 2022, par Jean-François Cliche)
mar 23/05/2023 - 21:19